top of page

GONESSE, VILLE DE BANLIEUE

Les Marronniers

Ce quartier voit le jour grâce à des initiatives privées. Cependant, la loi du 5 avril 1894 qui donne le droit de contrôle et de ratification lors de la création de tout lotissement et la loi du 14 mars 1919 qui stipule qu’auparavant il faut réaliser "l’établissement d’un programme déterminant les servitudes hygiéniques, archéologiques et esthétiques…", font que la commune doit s’investir en délégant un élu, Monsieur Léon Grandfils (futur maire de la ville), à la direction de la réalisation du lotissement.

Les Marronniers dans les années 1920

Les Marronniers, Route de Gonesse, actuel angle entre l’avenue des Jasmins et des Myosotis au début des années 1920 avec les panneaux publicitaires de vente

Plan de la "Cité Jardin " des Marronniers, 1924

Le premier projet est mis en place en mars 1924 par Auguste Richebois, grand propriétaire terrien à Gonesse. Il est nommé par son inventeur " Cité jardin des Marronniers". Il correspond à un cahier des charges précis et rigoureux. Les pavillons sont accompagnés de jardins, les rues portent des noms de fleurs et sont bordées d’arbres... . Il s’agit de l’Avenue des Jasmins, des Lilas, des Roses (P. Brosso lette) et des Aubépines.

 

L’année suivante une Société anonyme d’Habitations à Bon Marché, créée en 1925, vient complété cette première phase en acquérant la parcelle entre les rues des Bleuets et du docteur Broquet et la rue des coquelicots. Elle y construit des maisons dans l’esprit de la cité jardin et le quartier s’enrichit avec l’acquisition de terrains appartenant à l’hôpital de Gonesse, gros propriétaire foncier sur la commune.

Plan d’une maison construite par l’entreprise S.E.E.C

© Service Archives et Patrimoine, ville de Gonesse

Vue aérienne du quartier des Marronniers dans les années 1960

© Service Archives et Patrimoine, ville de Gonesse

Quel lien avec Paris dans tout ça ? Il s’agit de marquer le contraste avec le quartier de La Fauconnière, contre lequel la municipalité de l’époque s’est battue, alors que le projet des Marronniers fut accompagné par la ville. Les habitants du quartier sont aussi liés à la capitale par leur proximité avec la gare. Ils y travaillent, y étudient parfois et fabriquent souvent des produits qui lui sont destinés. Les parisiens possèdent des maisons de campagne dans ce quartier où ils viennent en villégiature se mettre "au vert". 

Le rôle nourricier de Gonesse pour la capitale, toujours très important jusqu’au milieu du XXᵉ siècle, n’aurait pu subsister sans l’utilisation d’une main d’œuvre étrangère. L’immigration belge à Gonesse commence dès le premier quart du XIXᵉ siècle. Elle s’intensifie après 1830, l’indépendance de la Belgique ayant poussée la population appauvrie des Flandres, sur les routes du nord de la France et du nord-est de l’Île-de-France. Pendant la Première Guerre mondiale cet exode a été massif.

 

À Gonesse, en 1901 les Belges représentaient 3% de la population recensée, et 79% des immigrés (le reste étant composé d’Allemands, de Suisses et de Luxembourgeois). Ce sont des hommes jeunes, célibataires, non qualifiés. La plupart sont prêts à effectuer les tâches les plus ingrates ou dangereuses pour un salaire dérisoire. Majoritairement, ils sont saisonniers dans les exploitations agricoles de la commune, situées en centre-ville. Ils participent aux travaux des champs et travaillent aussi dans les distilleries et sucreries.

 

Les saisonniers belges s’organisent peu à peu et se syndiquent. Pour contrer leurs exigences toujours plus grandes, les propriétaires terriens font appel aux Polonais dès 1906, et particulièrement à partir de 1913. Aujourd’hui encore, de nombreuses familles gonessiennes sont issues de ces premières immigrations européennes.

Vue aérienne des Marronniers dans les années 1990

© Service Archives et Patrimoine, ville de Gonesse

Les pavillons en bande et le " Fairway " dans les années 1990

© Ossuly, © Touil

© 2026 par Anaïs Lainé--Lebreton (Archives et Patrimoine de Gonesse) Créé avec Wix.com

bottom of page