Les relations entre Paris et Gonesse remontent au IXᵉ siècle avec la constitution de la Châtellenie de Gonesse voulue par Robert le Fort, qui y construisit un château, aujourd’hui disparu. Il est marquis de Neustrie, Missus Dominicus du roi Charles II le Chauve. Les missi envoyés sont spéciaux des des souverains carolingiens qui contrôlent les représentants du pouvoir royal au niveau local. Il est le père des rois Eudes et Robert Iᵉ, et l’arrière-grand-père d’Hugues Capet.

Robert le Fort
Cette châtellenie avait pour objectif de protéger Paris des attaques normandes. La châtellenie est d’abord une circonscription féodale, c’est-à-dire qu’à un château sont rattachés les fiefs tenus par le seigneur châtelain. Le ressort de la châtellenie de Gonesse est le territoire sur lequel le roi seigneur détient le pouvoir féodal.


Plan tiré de l’ouvrage Gonesse la terre et les hommes
de Jean-Pierre Blazy
Les limites de la châtellenie à cette époque sont inconnues. Les sources qui parlent de celle-ci sont beaucoup plus tardives. Elles sont aussi révélatrices de l’importance de Gonesse au XIVᵉ siècle.
En 1369—1370, outre les deux paroisses Saint-Pierre et Saint-Nicolas de Gonesse, la châtellenie comprenait les villages suivants : Arnouville, Bellefontaine, Châtenay-en-France, Chennevières-lès Louvres, Epinay-Champlatreux, Fosses, Garges, Goussainville, Jagny Sous-Bois, Lassy, Louvres, Mareil-en-France, Marly-la-ville, Le Ples sis-Luzarches, Roissy-en-France, Stains, Vémars, Villeron et Villiers le-Sec. C’est la châtellenie la plus importante au nord de Paris, après Saint-Denis.
Les fouilles de 2009 au lieu-dit "Cour Baleine" sis dans le parc du Vignois, ont permis de mettre au jour une zone d’ensilage aux abords du Croult. Il a été établi que le volume de stockage des silos découverts était largement supérieur à la population locale contemporaine. Leur contenu était donc destiné à la population parisienne. Le transport de ces grains se faisaient la plupart du temps par voie fluviale et lorsque les conditions météorologiques ne le permettaient pas par la "route de Gonesse à Paris" aujourd’hui RD 84—avenue Raymond Rambert.

La zone d’ensilage, (stockage en silos) du XIᵉ siècle – Le Vignois
© Inrap
Les fouilles de 2009 au lieu-dit "Cour Baleine" sis dans le parc du Vignois, ont permis de mettre au jour une zone d’ensilage aux abords du Croult. Il a été établi que le volume de stockage des silos décou verts était largement supérieur à la population locale contempo raine. Leur contenu était donc destiné à la population parisienne. Le transport de ces grains se faisaient la plupart du temps par voie fluviale et lorsque les conditions météorologiques ne le permettaient pas par la "route de Gonesse à Paris" aujourd’hui RD 84—avenue Raymond Rambert.
L’archéologie a aussi démontré qu’au Haut Moyen Âge le Croult était navigable certainement avec des bateaux à fond plat et peut être sous la forme de halage. Il se jette dans la Seine à la Courneuve. Des ports de cette époque ont été découverts à Saint Denis pour le débarquement des denrées transportées par voie fluviale.


Vue générale du site, détail de 2 silos et mobilier archéologique – Le Vignois
© Inrap

Maquette de la ferme des Tulipes à la fin de son occupation, fin 4e-début 5e siècle.
Reconstitution archéologique par S. Rogge, l’Art du Petit réalisée en 2007 pour l’exposition "Gonesse Antique "
collection Archives Municipales de Gonesse
© Anaïs Lainé--Lebreton (2025)
La ferme des Tulipes est occupée de l’époque gauloise 100 av J.C. au début du 5e siècle. Les archéologues ont découvert une dizaine de fours domestiques destinés à la cuisson des aliments comme le pain. Ils sont creusés en sape dans la pente d’une mare abandonnée et asséchée. Ils sont soit circulaires, soit allongés. Peu solides ils sont détruits et reconstruits à proximité les uns des autres. La maquette montre à la fois la méthode de fabrication des fours en sape d’un four et son utilisation comme four à pain.