"Nous sommes prêts et archi-prêts. La guerre dût-elle durer deux ans, il ne manquera pas un bouton de guêtre à nos soldats" déclare le 15 juillet 1870 le général Leboeuf, ministre de la Guerre. Cet optimisme excessif lui coûtera pourtant son ministère avec les premiers grands revers de l’armée et conduira au désastre en cette année terrible, pour reprendre le titre du recueil de poèmes de Victor Hugo. Les combats qui suivent la déclaration de guerre par la France le 19 juillet 1870 tournent rapidement à l’avantage des Prussiens. La défaite de Sedan le 2 septembre et la reddition de Napoléon III conduisent à la proclamation de la République le 4 septembre. La chute de l’Empire ne met toutefois pas fin aux hostilités : la route de Paris est ouverte à l’envahisseur. Entre le 16 et le 18 septembre les localités du Thillay, de Roissy, de Gonesse, d’Aulnay et du Blanc-Mesnil sont investies par l’ennemie.
Les statistiques établies après-guerre pour chaque commune des cantons occupés fournissent des chiffres précis. Ainsi le 30 juin 1871, 1 087 soldats et officiers, 546 chevaux cantonnent à Gonesse, le 10 juillet l’effectif des troupes d’occupation est de 819 hommes et officiers et 426 chevaux. Le 10 août, on comptabilise 785 hommes et 439 chevaux stationnés sur le territoire communal. La conduite de l’occupant envers la population et les autorités demeurées à Gonesse semble relativement correcte, sur tout celle des officiers."
Denis Savineaux, "1870, l’Année terrible. Les Prussiens occupent Gonesse", Bulletin de la Société d’Histoire et d’Archéologie du Pays de France, n°17, 2023.

Gravure illustrant la bataille du Bourget pendant la guerre de 1870

L’armée prussienne devant l’hôpital de 1841
La commune de Paris
"Au printemps 1871, les Gonessiens n’ont connaissance des évènements de la Commune que par les témoignages des Prussiens. Mais depuis la plaine, ils peuvent apercevoir les incendies qui ravagent la capitale, lors des combats qui opposent le peuple de Paris aux Versaillais. L’armistice signé le 28 janvier 1871 marque la fin officielle des combats, mais pas celle de l’occupation des territoires envahis. Moyennant le paiement par la France vaincue d’une lourde indemnité de guerre, le départ des Allemands s’échelonne jusqu’à la fin de l’été 1871. Le 20 septembre 1871, les derniers soldats allemands quittent Saint-Denis et Gonesse".
Denis Savineaux, "1870, l’Année terrible. Les Prussiens occupent Gonesse", Bulletin de la Société d’Histoire et d’Archéologie du Pays de France, n°17, 2023

Au cimetière de Gonesse le monument allemand rappelle le passé de ce conflit.
"Ici reposent 122 soldats allemands tombés pendant les combats allemands du Bourget du 20 octobre au 21 décembre 1870" "Érigé par leurs fils et petits fils de la Grande Guerre – 1940 "
Les deux exemplaires de l’état-civil parisien ont brûlé en mai 1871. Les Communards ont en effet incendié l’hôtel de ville (exemplaire des mairies d’arrondissement) et le Palais de Justice (exemplaire du greffe du tribunal). Plus de 8 millions d’actes disparaissent. Une reconstitution partielle est mise en place entre 1872 et 1877 mais seulement 2 millions en ont bénéficié. La reconstitution de l’état civil parisien est consultable sur le site des Archives Départementales de Paris. Néanmoins il existe de multiples autres sources qui permettent d’étudier les ancêtres parisiens avant cette date. Un projet “Familles Parisiennes” existe et les archives gonessiennes y ont participé.

De nombreux bourgeois parisiens ont des maisons de campagne ou y finissent leur vie. Ceux-ci peuvent décéder durant leur séjour à Gonesse.
Ici, Pierre Allardin, personnage de la cour royale meurt en "sa maison de Gonesse." Son inhumation est notée dans l’un des registres paroissiaux de Saint-Pierre Saint-Paul en 1735.

Là, Marie Anne Forest décédée le 16 octobre 1761, "marquise de Vertrieux, veuve en première noce de M. Bonaventure Frotier, marquis de la Messelière, maréchal des camps et armées du Roi et en seconde noce de Sieur François … de La Poype, marquis de Vertrieux chevalier de l’ordre militaire de Saint Louis exempt des gardes du corps de sa Majesté décédée en son château d’Orgemont", âgée de 86 ans. Des fragments de sa pierre tombale ont été retrouvées lors des fouilles archéologiques de l’église Saint-Pierre Saint-Paul en 2012 sont venus confirmer les écrits des registres paroissiaux.
