top of page

GONESSE MÉDIÉVALE

L'industrie du drap à Gonesse

Partie et vitrine de l’exposition dédiées à la fabrication du drap à Gonesse

© Anaïs Lainé--Lebreton (2025)

En 1183, le roi Philippe Auguste fit construire les deux premières halles à Paris. La vente des draps était le plus important des commerces médiévaux. Au XIIIᵉ siècle, la draperie parisienne était de grande qualité. Bien qu’elle soit largement exportée au début du XIVᵉ siècle, les fabricants parisiens protestèrent en 1319 quand les drapiers de Bruxelles et de Malines vinrent s’installer aux halles. Par ailleurs, l’essor de la draperie brabançonne contribua à la décadence de sa concurrente parisienne. Les deux halles construites sous le règne de Philippe Auguste furent par la suite réservées à la vente en gros (rez-de-chaussée) et au détail (premier étage) des draps fabriqués à Paris. La halle de Gonesse : l’angle oriental formé par la rue de la Tonnellerie avec celle de la Ferronnerie était occupé par la halle de Gonesse, appelée quelque fois le "Petit Palais". Les marchands drapiers et pelletiers de Gonesse y apportaient leurs denrées. Si l’on en juge par le montant de la rente annuelle qu’ils payaient au roi, vingt-cinq sous parisis, la halle était d’assez peu d’importance au début du XVᵉ siècle. Les marguilliers des Saints-Innocents l’achetè rent entre 1425 et 1467, et elle changea de destination.

Les halles de Paris au Moyen-Age (XIIIᵉ au XVᵉ siècle)

© Anne Lombard-Jourdan ; Les Halles de Paris et leur quartier ( 1137-1969)

A : Halle aux draps

B : Halle aux tisserands

C : Halle, puis boucherie de Beauvais

D : Halle des Basses merceries, puis des pelletiers

E : Halle de la ganterie

E’ : Mercerie des Champeaux

F : Halle des Lingères

F’ : Mercerie de Champeaux

G : Halles des cuirs tannés

G’ : Halle de la mercerie neuve

H1 : Halle au Cordouan

H2 : Cour et dépendances de la halle  au Cordouan

I : Halle aux chaudronniers

J : Halle de Gonesse

K : Halle du Commun

L : Halle au fil

L’ : Halle de Saint-Denis

L’’ : Halle de Lagny

M : Halle au chanvre

M’ : Halle de Louvain

N : Grenier à Coustes

N’ : Halle de Douai

N’’ : Halle de Bruxelles

O : Halle aux cuirs à poil

O’ : Halle de Cambrais, puis de Malines

P : Halle à la Graisse

Q1 : Etaux aux pelletiers

R1 : Etaux aux chaussetiers

R2 : Etaux aux tapissiers

S1 : Garde au poisson

S2 : Halle à la marée

T1 : Place aux marchands (carreaux)

T2 : Place aux tempis

T3 : Etaux à seiches et à
crapois (en carême)

U : Marché au pain

V : Etape au vin

W : Marché au charbon

X : Marché aux poirées

Y : Marché aux œufs et aux fruits

Z : Marché aux fromages.

1 : Immunité et four d’Adelende Gente, donnés par elle à Saint-Martin des Champs dits hôtel de la Rappée (1137-1789)

a : four

b : Ruelle Saint-Martin

2 : Perception du tonlieu

3 : Boite aux poissons de mer

4 : Porte aux savetiers

5 : Porte aux tapissiers

6 : Traverse au-dessus de la rue de la Lingerie

7 : Pilori et échafaud

8 : Fontaine

9   : Croix

10 : Chapelle d’Orgemont

11 : Prêchoir

12 : Tour Notre-Dame-des-Bois

13 : Puits publics

Travail des historiens à partir des sources directes d’archives

Ce drap de Gonesse fut recommandé par Philippe de Mézières, Conseiller du roi Charles V, au jeune Charles VI, dont il était le précepteur. Ce maître avait rédigé un ouvrage pour l’instruction de son élève, à qui il recommandait de mépriser le luxe des vêtements, ajoutant, nous apprend l’abbé Leboeuf, que "les rois régnans quatre-vingt ou cent ans auparavant ne s’habilloient point de drap de Bruxelles ou de Malines, mais simplement de drap de Gonesse" :

"Et estoit vestu et roy et royne et tous leurs enfants et les royaulx de draps qui se fai soient non pas à malines ou a broucelle mais a celle grosse cite appelee la gonesse dont le roy est bourgeois".

 

"Et étaient vêtus roi et reine et tous leurs enfants et les royaux, de draps qui se fai saient non pas à Malines ou à Bruxelles mais a cette grosse cité appelée Gonesse dont le roi est bourgeois".

Extraits du Songe du Vieux Pèlerin, par Philippe de Mézières (1389) ; Ms-2683, Fol. 161r, Bibliothèque de l'Arsenal, Paris ;

© Bnf et Bibliothèque du musée Condé de Chantilly  côte MS 0292

"L’activité drapière de Gonesse était liée à celle de Paris et de Saint-Denis. 

 

Une fois encore les textes manquent pour repérer l’apparition de cette activité à Gonesse. La mention la plus ancienne se trouve dans un bail perpétuel d’un pré en 1282. Situé près du "pont des moulins de Jumiaux tenant à la masure de Pierre d’Anières ou les poulies et les foulons souloient estre si comme l’en dit a tenir a avoir et a pourfeoir". Les tisserands de Gonesse bénéficiaient aux halles d’un emplacement. Le drap fabriqué était grossier. Il n’avait rien à voir avec les draps de luxe, ceux de Bruxelles et de Malines, qui furent si répandu au XIVᵉ siècle.

 

Le nom de Gaunace attribué à ce drap, l’a été de façon hasardeuse, d’abord par l’abbé Maréchal, puis par ceux qui l’ont suivi dans cette voie. Nous ne retiendrons pas pour notre part cette dénomination. La draperie gonessienne ne constituait en fait qu’une activité secon daire qui a pu se développer grâce à la présence d’importants trou peaux de moutons et d’un cours d’eau propre à actionner les foulons. Cette industrie rurale employait, en dehors des gens de métier, une partie non négligeable de la population à qui elle fournissait le complément de revenus indispensable pour échapper à la misère dans un pays fortement peuplé."

 

Jean-Pierre Blazy, Gonesse la terre et le hommes, 1982.

Les métiers du drap et de la tannerie dans les vitraux du XIIIᵉ siècle de la Cathédrale de Chartres

1

2

3

4

5

1- Forces (pour tondre les moutons)

2- Ciseaux de berger

3- Peigne à carder (bottes de chanvre)

4- Quenouille et fuseau à tisser la laine

5- Peigne à carder manuel et brosse anti peluche

Vitrine contenant :

Divers objets en rapport avec la récolte de la laine (tonte des moutons) et le tissage, 19e-20e siècle ; coll. Claude et Françoise Pigeard - Musée de l’Outil, Wy-dit-Joli Village ; coll. AM Gonesse, fonds Sergues

Les foulons : des moulins à drap

La plus ancienne mention archivistique d’un moulin à foulon à Gonesse date de 1282 dans un bail perpétuel d’un pré " près du pont des moulins jumeaux...masure de Pierre d’Anières où les poulies et les foulons… " ce bail concerne le moulin à drap. L’autre mention d’un moulin à foulon se trouve dans les archives de l’hôtel Dieu de Gonesse en 1513 concernant le revenu du moulin d’Etif leur appartenant. (côte B15, fonds hôpital, Archives communales de Gonesse) En 1376, le moulin à foulon fut introduit en Angleterre qui fit par la suite ses draps chez elle, de sorte que, vers 1400, elle put concur rencer les étoffes des Flandres. Il en résultât une baisse rapide et appréciable du prix des draps fins et, par contrecoup, ce fut la mévente pour les draps rudes ou de médiocre qualité, comme celui de Gonesse. Les moulins à drap les uns après les autres, disparurent, pour redevenir des moulins à grains.

© Jean-Pierre Blazy, © Anaïs Lainé--Lebreton (2025)

Carte postale du début du XXᵉ siècle montrant le Moulin à drap
©Archives communales Gonesse

Le moulin à drap en 2020
© Jean-Yves Lacôte, musée Archéa

Extrait du plan cadastral dit Napoléonien de Gonesse réalisé en 1849 où est situé le moulin à Drap

©Archives communales Gonesse

© 2026 par Anaïs Lainé--Lebreton (Archives et Patrimoine de Gonesse) Créé avec Wix.com

bottom of page