
Partie de l'exposition dédiée au quartier de la Fauconnière
© Anaïs Lainé--Lebreton (2025)
Pourquoi a-t-on construit des Grands Ensembles dans les années 1960 en France ? Il faut remonter à l’après guerre. Ils ont poussé comme des champignons, sans vraiment trop de concertation. La France est en grande partie exsangue et il faut reconstruire, mais cela prend du temps et la population augmente. En 1954, la France connait un hiver très rude et un fait divers défraie la chronique : une femme meurt gelée avec son enfant, car elle n’a pas de logement. L’ événement est dénoncé par un appel lancé à la radio par l’Abbé Pierre: "ce drame ne doit plus jamais se reproduire". L’État prend alors conscience de la pénurie de logement et lance une politique de construction de Grands ensembles. C’est la Caisse des Dépôts et Consignations qui en est chargée, via sa filiale la SCIC. Le nord de Paris et plus particulièrement l’est du Val d’Oise actuel est la cible privilégiée. Sarcelles et Villiers-le-Bel, entre-autre furent lieux de Grands Ensembles avant Gonesse. La Fauconnière a bénéficié d’un concours d’architectes lancé par la SCIC, au lieu du choix d’architectes maison comme cela était fait auparavant . Il y a donc eu un vrai programme architectural, incluant, entre autre, des paysagistes.
Eloignée du centre-ville, La Fauconnière est néanmoins assez proche de la Gare de Villiers-le-Bel, Gonesse, Arnouville pour faire le chemin à pied. Cette proximité géographique a d’ailleurs conduit la Caisse des dépôts à construire un Grand ensemble à cet endroit. La construction et la gestion de ce nouvel ensemble ont été confiées à la Société Centrale Immobilière de la Caisse des dépôts et Consignations (SCIC).
La conception d’un grand ensemble comme celui de La Fauconnière devait correspondre dans les années 60 à la Charte d’Athènes : "habiter, travailler, se divertir et circuler".

Au pont rue d’Ecouen (feu avenue Kerdavid—RD 970), Une famille regarde où le grand ensemble va être construit ; 1959-1960
© Service Archives et Patrimoine, Ville de Gonesse

La construction de la place Marc Sangnier au début
des années 1960
© Service Archives et Patrimoine, Ville de Gonesse
Le Grand Ensemble de la Fauconnière n’a pas été voulu par la ville, mais imposée par l‘État. La commune devient une ville de banlieue comme une autre et n’a plus son mot à dire.


Délibération du conseil municipal 25/10/1958 ; © Service Archives et Patrimoine, ville de Gonesse

Le square de La Garenne en cours de construction photographié par un habitant de son balcon.
© Droits Réservés

© CDC Baranger et Cie
Photographies de la construction du quartier de La Fauconnière au début des années 1960. L’intégration d’un quartier d’immeubles aux marges des habitations de la seconde moitié du XIXᵉ siècle—début du XXᵉ siècle (quartier de La Garenne).
Dans chacune des constructions de la Caisse des Dépôts et consignations, filiale de l’État – constructeur de la plupart des Grands Ensembles – les architectes doivent intégrer en plus des logements des structures collectives à vocations scolaire, sociale et administrative. La Fauconnière répond parfaitement à ces critères. Chaque square est doté d’un groupe scolaire, l’espace central possède un lieu de culte, un centre socio-culturel, des locaux administratifs et des commerces. Á cela il faut ajouter un cinéma-théâtre, une maison de retraite, un gymnase et une piscine.
La géométrie du terrain triangulaire disponible pour la construction est reprise Place Marc Sangnier dans le centre du grand ensemble. Autour de cet espace central s’organisent des unités composées de bâtiments à 5 niveaux – les barres – répartis dans les squares et 6 tours de 11 étages.
Les architectes et les paysagistes travaillent ensemble pour séparer les circulations automobile et piétonne. Ils libèrent des espaces de jeux pour enfants et de discussion pour les adultes. Les habitants peuvent se rendre à l’école, aux commerces au travail, … dans un décor agréable accordant l’esthétique des façades et leur mise en paysage.

Carte postale du quartier de La Fauconnière square du Nord dans les années 1970, coll. SHAGPF
Les photographies des habitants illustrent l’intégration de l’habitat dans le paysage ,visible particulièrement au square de la Garenne, et la diversité de la population.
© B. Huber

© C. Guilmart

© G. Truc




Reconstitution d'un appartement des années 60-70 (époque des débuts de la Fauconnière)
© Anaïs Lainé--Lebreton (2025)